SPA ET STAVELOT AU TEMPS D’APOLLINAIRE (1899)

Causerie par Gaëtan Plein

Dimanche 9 août à 16h30 • Gradin, Parc de Sept Heures

Durée : 40 min

Gratuit, sur réservation 


Gaëtan Plein est un chroniqueur spadois, souvent en tournée exotique hivernale.

Il vous fera découvrir le séjour de l’adolescent Guillaume Kostrowitzky (alias Apollinaire), un été en Ardenne qui  influencera son œuvre poétique. Les thèmes récurrents celtiques, ses amours, les baladins, son séjour en Allemagne, Paris bohème jusqu’à la première guerre mondiale…


Au tournant du siècle, Spa est une ville mondaine, lieu de rendez-vous des grands entrepreneurs et m’as-tu-vu. Ils viennent s’encanailler dans un petit Monaco ardennais. On y croise des directeurs de charbonnage, des coloniaux du Congo et des barons du textile verviétois. Ils côtoient une foule d’artistes saisonniers jouant sur les kiosques festifs et au théâtre. Ces villégiateurs en  goguette se saluent du canotier et de l’ombrelle entre deux Pouhons.

A l’époque , on pense que les nouvelles inventions vont rendre le monde meilleur et on a confiance dans la Bourse. Même les domestiques, les lavandières et les croupiers du casino se mettent à rêver…

Angélique, une dame à l’accent méridional et à l’air « pas comme il faut », ne mettra pas un pied au Casino. Dans la bonne société bourgeoise, on ne fréquente pas une fille mère.

A Stavelot, les enfants d’Angélique , deux adolescents , découvrent la forêt brumeuse, le brame du cerf et les « spitantes » filles de paysans. Elles se dodelinent avec leur « hârké » et murmurent des expressions wallonnes de derrière les fagots… Les tanneurs fréquentent les brasseries , où l’on boit du « pèkè » et la bière prussienne. La frontière passe par Francorchamps où l’on  « trafique » sous le manteau, au clair de lune.

Quel univers onirique fabuleux pour un poète en herbe, élevé dans l’austère collège Saint Charles sur la côte d’Azur. Un collège digne d’une caserne, entouré de murs gris et peuplé de garçons enrégimentés, sous la férule des pères jésuites.

C’était l’univers masculin des deux frères Kostrowitzky. Des garçons privés de tendresse féminine et d’une maman souvent absente . Ils étudiaient des langues mortes, et la géométrie … Seul le parfum du mimosa et le vent d’autan adoucissaient cette prison et son dortoir austère . La bibliothèque et les rares sorties  permettent de se défouler sur les boulevards …

Guillaume, ce chaste rêveur désargenté fréquente le cercle poétique, la Fougère, et la rue Neuve à Stavelot. Sur les planches règne Mareye, une farouche ardennaise, à la langue bien pendue, flattée par la présence de ce  « galant », comme on dit « amon nos ôtes » …Les ruelles sentent l’ « Alcool » et les Fagnes offrent aux randonneurs un lit de bruyère, digne des romans courtois…

Guillaume l’indigent, trouvera chez nous un trésor… la poésie et l’inspiration celtique.  Pauvre « Karouviskoff « … Il s’enfuit à l’aube d’une triste journée d’octobre« à la cloche de bois » au grand dam des hôteliers stavelotains .

De retour à Paris, il trouvera une autre richesse… La vie de bohême et un art en plein bouleversement…

Il deviendra flâneur des deux rives, mieux connu sous le nom d’Apollinaire…


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