Edito

Joseph Houssa

Président du Royal Festival 

Le Festival Royal de Théâtre de Spa est inscrit dans l’histoire du théâtre belge depuis 59 ans. Historiquement, il en est même l’un des piliers principaux. Né d’une politique de décentralisation qui voulait porter en dehors de Bruxelles les créations phares du Théâtre National, il a su au fil des années et des directions successives, s’adapter aux transformations du paysage théâtral de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le passage de flambeau de Cécile Van Snick offre à Axel De Booseré qui lui succéde une organisation performante pour l’un des principaux événements des arts de la scène en Fédération Wallonie-Bruxelles, le seul en cette période de l’année. Avec la ville de Spa qui le soutient et l’accueille depuis 1959, il présente une cohérence grâce à laquelle il a réussi au travers des années à fédérer un large public d’amateurs de théâtre. Le Ministère de la Culture de son côté vient de le pérenniser en renouvelant à la hausse son contrat-programme.

Depuis longtemps, le Festival a dépassé la stricte limitation au domaine théâtral. Les Arts de la Scène s’y trouvent richement représentés : théâtre de rue, marionnettes, créations singulières sont venus progressivement enrichir la programmation historiquement liée au répertoire. C’est donc tout naturellement qu’il s’élargit encore afin de devenir une vitrine d’excellence dans les domaines du cirque, du théâtre d’objets, de la nouvelle magie et du théâtre musical, raffermissant ainsi les connexions qui lient le Festival à ses fondements : faire découvrir de nouvelles formes à un large public.

Tous mes voeux de réussite l’accompagnent.


Axel De Booseré 

Directeur du Royal Festival

Parmi mes souvenirs d’enfance, il y en a un qui refait surface au moment d’écrire ces lignes. Il remonte à l’une de ces journées où mon Grand-Père m’emmenait depuis ma campagne natale jusqu’à Liège pour une balade en ville. Que de découvertes pour l’enfant que j’étais, l’animation, les restaurants, les magasins et, trônant Place Saint Lambert, le plus majestueux d’entre eux : le Grand Bazar. Quel nom ! Comme une proposition énergique, très plurielle, exotique aussi, synonyme de trouvailles et d’émerveillements.

Pour préparer cette première programmation, ce sont les mêmes désirs de retrouver ces joies d’enfant qui ont guidé mes pas. Dans des salles de spectacles, sous des chapiteaux, dans des lieux improbables ou en rue, j’ai vu plus de 150 spectacles afin de composer ce programme articulé sur les fondamentaux qui construisent le Festival depuis 59 ans mais où explosent aussi de vraies surprises.

La première est un jeu avec le nom de notre Festival Royal de Théâtre de Spa. Comme dans un numéro de cirque, nous avons jonglé avec les mots et, tandis que le mot théâtre s’effaçait comme par magie, le Royal dansait vers l’avant du titre. Un tour de passe-passe pour présenter cette fresque vivante où les textes bouleversants de Louis Althusser et d’Hugo Claus côtoient le cirque poétique du Théâtre d’un jour, où le théâtre se mêle au chant lyrique de Juke-Box Opéra et à la comédie musicale de Vous avez dit Broadway ?.

Des spectacles pour tous qui ne craignent pas de se nommer Ha Ha Ha et d’autres spécialement invités pour les familles avec de jeunes enfants. Et puis ceux comme Bab Marrakech et Moutoufs qui s’inspirent de la vie d’artistes belges riches d’autres cultures. C’est aussi l’entrée tourbillonnante des humoristes au Festival avec la venue de Manon Lepomme et de tours de chants explosifs et décalés avec Peggy Lee Cooper. Et des tubes éternels comme Un tailleur pour dames de Feydeau, un des spectacles les plus drôles et les plus inventifs de cette saison. Et la suite de Walking Thérapie pour une nouvelle déambulation dans les rues et l’arrivée d’un premier spectacle de magie nouvelle. Et de la danse, et l’orthographe comme vous ne l’avez jamais imaginée, et des soirées festives et bien d’autres surprises encore.

Et puis surtout, et nous en sommes très fiers, un spectacle « hénaurme » qui vient de Prague spécialement pour vous décoiffer, Deadtown, des fabuleux frères Forman entourés d’une vingtaine d’artistes à la fois circassiens, acteurs, chanteurs et danseurs. Une véritable explosion de joie à découvrir dans la salle des fêtes – un lieu rêvé pour accueillir ce grand spectacle de music-hall.

Bref, il n’est pas impossible que nous ayons vraiment rêvé ce Royal Festival comme un fameux Grand Bazar.

À vous maintenant d’y découvrir vos coups de coeur.

 

I’DONT SPEAK FRENCH